La Symphonie des Cieux

La Symphonie des Cieux

La Roue du Temps, Robert Jordan

"La Roue du Temps tourne, les Ères se succèdent, laissant des souvenirs qui deviennent légende. La légende se fond en mythe, et même le mythe est depuis longtemps oublié quand reparaît l'Ère qui lui a donné naissance. Au cours d'une Ère, que d'aucuns ont appelée la Troisième, une Ère encore à venir, une Ère passée depuis longtemps, un vent s'éleva..."

 


 

La Roue du temps ( The Wheel of Time) est un cycle (immense !) de fantasy écrit par Robert Jordan et publié en 1990 (VO). La série achevée comprendra quatorze volumes (comptez au moins le double pour la plupart des éditions françaises), et une Préquelle.

Robert Jordan étant décédé en septembre 2007 de suites d'une maladie, c'est l'auteur Brandon Sanderson qui a repris le flambeau, grâce aux nombreuses notes laissées par Jordan.

 

Je dois bien l'avouer, lorsque j'ai commencé la lecture de ce cycle colossal (en fait, à l'époque, j'ignorais que ce cycle comportait tellement de pages...), j'ai eu l'impression de relire un remake du Seigneur des Anneaux, tant le début de l'histoire est une introduction utilisée et usée jusqu'à la corde...

Mais voyez plutôt... Un personnage principal orphelin de père/de mère/des deux, habitant un village paumé au milieu de nulle part, assez maladroit et sans talent particulier, et coulant des jours paisibles... Du moins jusqu'à l'arrivée inattendue d'un mage/magicienne dans le dit village, rapidement suivie de l'attaque de créatures de ténèbres aux allures de monstre...

Vraiment, vous ne voyez pas ?

 

Une Aies Sedai

 

Heureusement, passé le premier tome, cette impression de déjà-vu s'estompe pour laisser place à une intrigue passionnante, et qui le devient davantage au fil des volumes (malgré quelques longueurs, j'y reviendrai...). Du coup, réelle copie ou hommage plus ou moins subtil ? Enfin peu importe, puisque La Roue du Temps ne commence vraiment qu'au terme de cette fameuse intro « tolkiennesque »...

 

Le fond de l'intrigue n'apporte que peu d'originalité, puisqu'il s'agit d'un énième combat contre les forces du mal. Enfin, ça, c'est dans les grandes lignes... Car finalement, ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air, avec les « gentils » d'un côté, et les « méchants » de l'autre.

 

Les personnages principaux font l'objet d'un réel développement tout au long du récit, et la diversité des caractères et des objectifs permet à chacun d'avoir ses personnages favoris, qu'ils soient du côté de la lumière ou des ténèbres (ou on ne sait pas bien où, d'ailleurs...), ainsi que de varier les points de vue. Ceci dit, la foule impressionnante de personnages (principaux ou secondaires), qui plus est bien détaillés, pourra en perdre plus d'un... En particulier d'un tome sur l'autre...

 

Lanfear

 

Le monde imaginé par Jordan est des plus fouillés : les personnages ont un passé, une histoire, le système de magie est à la fois inventif et bien pensé, les différents pays et civilisations ont une âme qui les distingue les uns des autres...

 

Le scénario, quant à lui, va plus loin qu'une simple guerre entre le bien et le mal. Les différents pays se crêpent le chignon pour des questions de pouvoir (ah ! la politique!) au lieu de prêter attention à la vraie menace, quitte à mettre des bâtons dans les roues aux soldats de la lumière. D'ailleurs concernant le camp des « gentils », il y en a quand même un certain nombre pour lesquels on se demande s'ils sont vraiment dans le bon camp (les Aies Sedai et les Blancs Manteaux, entre autres...). Le personnage principal lui-même, censé sauver le monde et/ou le détruire dans sa folie, est considéré comme un « mal nécessaire » par ses proches alliés, ou par un ennemi par les autres, au même titre que le Seigneur des Ténèbres... Ce qui ne va pas lui faciliter la tâche... A se demander s'il ne ferait pas mieux de s'exiler au sommet d'une montagne pour y élever des chèvres...

 

 

Néanmoins, aussi intéressants (et complexes!) soient le scénario et le monde de la Roue du Temps, il y a malheureusement des points noirs... Notamment les nombreuses (et inutiles tant elles sont détaillées) descriptions de vêtements (en particulier les robes...) et les « running-gag » (Rhaaaaaa ! Nynaeve et sa fiche tresse !). Sans compter les longueurs, qui peuvent se poursuivre sur des volumes entiers !

 

En résumé, aborder un tel cycle est assez difficile et pourra en rebuter plus d'un, à cause de sa complexité et de ses longueurs, mais ceux qui auront suffisamment d'obstination pour survivre à l'introduction, aux robes, aux tirailles de nattes et à certains looooooooongs passages, ne le regretteront pas !

 

 

"Un cheval lent n'atteint pas toujours la fin du voyage."

 



14/10/2012
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